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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 19:53

Ne manquez pas ce rendez-vous exceptionnel sur http://www.radiomusicsambre.be/

Spéciale Elvis sur Radio Music Sambre !
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 12:28

JE VAIS À RIO (1977)

Dans la discographie de Claude François, « Je vais à Rio » est, sur les plans orchestral, instrumental et vocal, une petite merveille et une grande réussite. Après le très bon résultat d’ensemble (au niveau de la qualité technique et de ses répercussions commerciales) obtenu des suites de l’album du « Vagabond », qui contenait quelques pépites (mêmes négligées comme « Je cherche toujours demain » et « Savoir ne rien savoir »), Claude François désirait intensifier sa recherche « Disco », très satisfait du succès de « Laisse une chance à notre amour », un cover d’un titre de Biddu, « Now Is The Time » (interprété initialement par Jimmy James & The Vagabonds), qu’il s’était si brillamment approprié avec les très talentueuses complicités d’Eddy Marnay à l’écriture et de Jean-Claude Petit à la baguette de l’orchestre.

Quand la mélodie d’« I Go To Rio » de Peter Allen lui vint à l’oreille, Cloclo fit le forcing pour obtenir les droits d’adaptation et, « never change a winning team », reconduisit la même association pour en faire le bijou qui sortit en mai 1977… alors que l’original était paru courant 1976 sur « Taught By Experts », le 4ème album du chanteur australien.

Enregistrée et mixée, comme tout le 33 tours, entre Paris (Studios C.B.E. et Davout) et Londres (Studio Trident), « Je vais à Rio » restitue quasi majoritairement les composantes instrumentales identiques à la version d’Allen à l’exception de la guitare électrique remplacée, dans le pont musical, par une section de trompettes dans l’orchestration de Jean-Claude Petit.

Mais la comparaison entre les deux versions ainsi que les différences relatives au contenu instrumental ne s’arrêtent pas à cette singulière constatation, loin de là.

La première dissemblance notoire se situe déjà dès le début, au niveau de l’introduction : dans « I Go To Rio », elle est très sommaire puisqu’elle se clôt après 7 secondes tandis que dans la mouture française, nous avons droit à 24 secondes (!) de bonheur anticipatif et jouissif.

Ces deux dernières dominantes ne sont pas du tout usurpées car c’est ce dont il s’agit réellement quand on y accorde une audition attentive et minutieuse. Dès le début de l’intro de « Je vais à Rio », le keyboard (ou le piano digital) est mis en évidence d’une façon très significative puisque c’est cet instrument qui guide le tempo, donne le rythme à la structure mélodique (du moins, jusque 1’30", on verra pourquoi par après) avec un soutien inconditionnel de la basse. Celle-ci, par son implication continuelle durant toute la durée du morceau, accompagne donc le keyboard pour bien accentuer la symétrie instrumentale. De plus, ces organes se fondent et se répercutent au sein d’une excellente acoustique avec, en prime, une fantastique et capiteuse réverbération sonore qui émane du clavier.

Pourrait-on définir d’anodin ou d’anecdotique la préface de son homologue originelle ? N’allons pas jusque-là mais il est vrai que la teneur ne nous incite pas à y accorder une réflexion aussi évocatrice. Le clavier (non digital, ici) paraît moins énergique, sa texture sonore est moins savoureuse, moins chaleureuse. La basse sert également de liaison avec la batterie (un coup de grosse caisse pour commencer) qui prend nettement la mesure sur les autres instruments tels que la « lead » guitare électrique (qui produit un gimmick funky intensif) et le tubo (instrument de percussion dont le son, déjà présent à 8", est plus prédominant dès 24").

Nous sommes ici dans une connotation Pop/Funk (la suite de l’analyse nous confortera dans la définition de ce style) alors que, dans l’adaptation française, la batterie imprime un tempo distinctif du Disco (le charley, tous les quatre temps, après le coup de caisse claire).

En continuant notre dissection de l’interprétation française, le tubo se fait entendre à 41", au moment où Claude François entame le 1er couplet (« Tu m’entraînes dans la foule… »). Les chœurs font leur apparition à 1’24" dans le second refrain après le premier couplet (« Quand tu souris… ») alors qu’ils sont plus tardifs dans l’originale (seulement au début du second et dernier couplet).

Comme je le mentionnais ci-avant, aux environs de 1’30", le keyboard s’efface progressivement au profit d’une cloche à 1’39" (son rythmé par une baguette) qui devient l’élément instrumental rythmique majeur au même titre que la basse jusqu’au terme de la mélodie. Le keyboard, lui, ne ressurgira que l’instant d’une reprise à 2’31" (accord de liaison entre le second couplet et le quatrième segment de refrain).

Dans « I Go To Rio », le jeu du piano reste constant et se voit même adjoindre un second (cette fois-ci, un Fender Rhodes électrique) avec une sonorité et, bien entendu, un jeu différent dès 40". Le pont musical est plus long que dans « Je vais à Rio » (30" pour 23" dans le cover français). Si la part belle est faite à une guitare électrique avec un jeu qui fait inévitablement songer à celui de Santana dans l’intermède initial, Cloclo, qui collaborait et intervenait à chaque fois dans les choix instrumentaux, choisit plutôt une section de trompettes pour meubler le passage de transition.

La cloche est également employée dans la version de Peter Allen (1’21") qui est agrémentée d’un sifflet (2’38"), un élément que Cloclo ne manquera pas d’ajouter lors de ses prestations scéniques.

Enfin, la « guitare à la Santana » reprend du service à 2’43" jusqu’à la fin du morceau tandis qu’un charley répétitif (à partir de 2’58") labellise définitivement d’une encre indélébile le cachet « Disco » de « Je vais à Rio ».

En ce qui concerne la partition vocale, la voix de Cloclo doit se moduler et se rythmer essentiellement sur des « deux croches », les principales difficultés se situent aux repères suivants :

- « …ses ai/les, ses den/tel/les. Et je suis ri/che… » : croche/croche pointée double croche noire/soupir/deux croches/croche pointée double croche noire/soupir/deux croches/deux croches.

La note la plus élevée est le fa de l’octave supérieur (« suis »), plus particulièrement un fa dièse alors que les notes précédentes (do majeur, fa et uniquement le sol sur « Et ») sont précédées d’un bécarre qui annule toute altération, un petit détail qui a toute son importance dans le dosage du chant.

- « …dans nos têtes Oh ! Quel/le fête ! On se lan/ce… » : c’est la même structure de notes.

Ici, c’est le sol de l’octave supérieur qui est la note la plus élevée (« lance »), celle-ci est affublée d’un bécarre qui suit les notes précédentes (ici, ré majeur, sol et uniquement le la sur « On ») teintées d’un bémol ! La voix de Claude doit donc se positionner un ton plus haut que dans les paroles du premier couplet.

Cette complexité solfégique montre à quel point le chant peut être méticuleux… tout comme l’était Claude François et, désormais, j’espère que vous pourrez vous amuser à en dissocier les nuances la prochaine fois que vous écouterez « Je vais à Rio ».

Enfin, pour être complet, « I Go To Rio » a été repris par Peggy Lee en 1977, Pablo Cruise début 1979 (réédité en 2003 sur "Cloclomania", une compilation de reprises sous l'égide de Béatrice Ardisson) et une formation du nom de Calypso en 1989 (production française). En outre, le groupe Coldplay s’est inspiré du piano d’ouverture pour l’intro de leur morceau « Every Teardrop Is A Waterfall » issu de leur album « Mylo Xyloto » de 2011.

Pour sa part, « Je vais à Rio » fut l’objet de plusieurs interprétations dans les émissions en hommage à Claude François diffusées sur TF 1 et présentées par Jean-Pierre Foucault : par L’Affaire Louis’ Trio (avec le regretté Hubert Mounier, chanteur et leader du groupe) en 1989 (Sacrée Soirée), Gilbert Montagné en 1995 (Les années Claude François) et Lorie en 2003 (Claude François, 25 tubes de légende). Au rayon CD’s, la chanson figure sur un album hommage des Clodettes en 2001 et bien entendu, sur le tout récent « My Way » de M. Pokora en 2016.

 

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10 juin 2017 6 10 /06 /juin /2017 20:32

LE BLOG NOTE DE BERNIE

GEORGE HARRISON : GOT MY MIND SET ON YOU (1987)

Des 4 Beatles, Georges Harrison est sans doute le plus secret, le plus réservé et pourtant, c’est sous son initiative que ses amis commencent à s’intéresser à la Country, aux ballades mais aussi à la culture indienne. Peu avant la dissolution de la formation, il est le premier à enregistrer un album solo, « Wonderwall », fruit de la bande originale du film du même nom qui sort en 1968 et qui consacre Jane Birkin dans le rôle de Penny Lane. Lorsque les 4 gars de Liverpool décident de se séparer, George publie, comme chacun de ses partenaires, ses propres albums et il recueille un très bon succès avec « My Sweet Lord » issu d’ « All Things Must Pass » qui paraît fin novembre 1970. Régulièrement, le natif de Wavertree, édite des albums d’excellente facture; en effet, « Living In The Material World » de 73, « Dark Horse » de 74, « Extra Texture (Read All About It) » de 75, « Thirty Three & One Third » de 76 proposent des morceaux très intéressants mais loin de truster les premières places des Charts. En dehors de son activité musicale, George coiffe la casquette de producteur en fondant « Dark Horse Records », sa maison de disques, et en s’associant avec Denis O’Brien dans le projet « HandMade Films » pour distribuer, notamment, « Life of Brian » des Monty Python. Alors que le début des années 80 s’annonce aussi prolifique avec la parution de « Somewhere in England » en 81 et « Gone Troppo » l’année suivante, George se lasse du cinéma et de la musique et il n’apparaîtra plus que très sporadiquement à l’occasion d’événements exceptionnels comme pour l’hommage à Carl Perkins en 1985 ou lors d’un concert de bienfaisance pour la Clinique des Enfants de Birmingham. Après cinq longues années de silence discographique, George est soudainement ramené à la surface grâce à l’arrivée, en tant que co-producteur, de Jeff Lynne, le leader d’Electric Light Orchestra, avec qui il publie, fin 87, « Cloud Nine » qui inclut, en dernière plage, la fabuleuse reprise d’un standard de Rudy Clark, « Got My Mind Set On You », interprété initialement par James Ray en 1962. Ce morceau permettra à George de goûter à nouveau aux joies des podiums des classements mondiaux puisqu’il sera n° 1 au Billboard, en Australie et en Irlande et n° 2 en Grande-Bretagne. Outre l’apport primordial de Lynne sur la conception de « Cloud Nine », George a pu compter sur le concours de grands noms comme Eric Clapton, Elton John, en convalescence après sa délicate opération aux cordes vocales, Jim Keltner à la batterie (qui collabora avec, entre autres, Bob Dylan, Elvis, John Lennon, Crosby, Stills, Nash & Young, JJ Cale, etc…) ainsi que du pianiste Gary Wright et de Ringo Starr avec qui il n’hésitera pas à se produire de plus en plus fréquemment sur scène. De cet album, on retiendra également « This Is Love » et surtout « When We Was Fab », deux compositions d’Harrison et Lynne, au doux parfum beatlelien

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 18:08

Venez nombreux assister à la rencontre que Philippe Chevallier vous propose sur son ouvrage "La chanson exactement, l'art difficile de Claude François" à la Bibliothèque nationale de France ce prochain samedi 13/05 à 17 h !  

http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/auditoriums/f.club_livres.html?seance=1223927172471

Claude François à la Bibliothèque nationale de France !
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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 09:52

J'ai le plaisir de vous annoncer la diffusion d'une Spéciale Cloclo au cours de l'émission "AU SAUT DU LIT" sur la Web Radio RMS ce prochain jeudi 13 avril 2017 à partir de 8 h... Soyez tous à l'écoute ! http://www.radiomusicsambre.be/

Spéciale Cloclo ce 13 avril 2017 sur la Web Radio RMS
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:25

Très attiré et très influencé par les modes de travail musical prônés par les chefs d’orchestre britanniques, Claude François continue, en 1970, à faire confiance à l’un d’entre eux. Après Les Reed, Reg Guest, David Whitaker, Lou Warburton, Frank Barber, Johnny Arthey, Johnny Hawksworth, Keith Mansfield et Ken Woodman, Claude renouvelle une fructueuse collaboration avec Bill Shepherd (1927-1988) avec qui il avait enregistré quelques chansons de son album « Le Monde Extraordinaire de Claude François » (« C’est Noël Et J’aurai Tout Ça », « Le Dragon Magique », « É.É.É.-A.A.A. », « Diggy Liggy Laï Et Diggy Liggy Lô » et « Je Vends Du Rêve », un titre inédit inclus dans le livret de « Claude François – La Collection Officielle »). Préalablement à cet album sorti au mois de novembre, Cloclo avait choisi, en avril, de sortir un 45 tours composé de deux superbes morceaux, « C’est De L’Eau, C’est Du Vent » et « Aïda » (inspiré de l’opéra de Verdi), en prélude, du moins uniquement pour sa face A, à un nouvel album dont la parution était prévue… en décembre, soit à peine un mois après la mise en bac de son opus exclusivement consacré à son très jeune public ! Dès le 22 avril 1970, Claude François et toute son équipe choisirent d’investir le Studio Europa Sonor et le Studio Wagram à Paris ainsi que l’Olympic Sound Studio de Londres, jusqu’au 18 novembre, afin de concevoir et terminer un des 33 tours les plus aboutis de sa discographie. En effet, outre les deux titres ci-avant édités en simple, Bill Shepherd dirigera également « Si Douce À Mon Souvenir » (la parfaite adaptation du célèbre « Gentle On My Mind » de John Hartford), « Le Musée De Ma Vie » (du duo Dona/Delanoë à l’origine également de la chanson qui nous occupe), « Vivre De Soleil » (avec, dans les crédits, la participation d’un certain Alain Legovic qui deviendra plus tard Alain Chamfort), « Fleur Sauvage » (impeccable cover du mythique Pop « Wild World » de Cat Stevens), « Parce Que Je T’aime Mon Enfant » (qui connaîtra un fabuleux succès aux États-Unis par la somptueuse reprise du King sous le titre « My Boy »), « Le Monde Est Grand, Les Gens Sont Beaux » (tiré de l’orignal « Beautiful World, Beautiful People » du « Reggae Man » Jimmy Cliff, une retranscription que ce dernier n’aurait certainement pas reniée), « Jamais Un Amour » (encore une très bonne adaptation du « Baby Take Me In Your Arms », un hit anglais signé par la paire MacCaulay/MacLeod) et « Je Danse » (qui sied admirablement bien à l’idole, non seulement par le titre mais aussi par le rythme, avec des paroles signées Jean-Loup Dabadie et une musique écrite par Paul de Senneville et Olivier Toussaint). Shepherd sera également à la conduite pour « C’est Un Départ », qui ne figure sur aucun album, ainsi que pour les versions italienne et espagnole de « C’est De L’Eau, C’est Du Vent » (« Come L'acqua, Come Il Vento » et « Agua Es Viento Es »). Pour être complet, Bill Shepherd fut l’arrangeur musical des Bee Gees de 1965 à 1972 et s’inspira de la technique utilisée par George Martin avec les Beatles dans l’implication d’une section de cordes dans un ensemble orchestral. Il travailla également pour d’autres chanteurs français, à savoir Michel Polnareff, Michel Delpech, Philippe Chatel, Julien Clerc et Herbert Pagani.

Si le piano est très perceptible dès le début et durant le premier couplet, on se demande bien ce qui l’accompagne durant l’intro musicale… On pencherait plutôt sur la note la plus aigue jouée sur un « Moog » (synthétiseur électronique) avec la mise en valeur de maracas, de légères percussions donc afin de laisser la prédominance aux claviers. À partir de 28’’, on entend bien distinctement l’apparition de chœurs qui se prolongeront dans le premier refrain où la guitare basse s’ajoutera à la batterie avec des cordes naissantes et plus insistantes pendant le second couplet. Le second refrain chanté sera repris par les chœurs, toujours avec la basse comme instrument conducteur mais avec des violons plus enivrants. Ensuite, les cordes s’extasient dans de grandes envolées lyriques qui trouveront leur paroxysme aux cours du dernier refrain et de sa répétition où des crescendos de cuivres (trompettes mais aussi trombones) conduiront à l’apothéose.

À nouveau, la performance vocale de Claude François est d’une grande qualité et d’une déconcertante facilité. La première note est un do de l’octave supérieure sur une partition dominée par des croches liées. La justesse et l’assurance sont de rigueur tout en veillant à bien garder le rythme au moment opportun (deux blanches à la fin du premier segment du premier couplet, une blanche et une noire suivie d’un silence au terme des deux autres). Quant au refrain, il commence par deux doubles croches auxquelles se succède une blanche pointée couplée à une croche/deux doubles. Ce qui oblige Claude à allonger le do de l’octave supérieure (blanche pointée qui correspond à « l’eau ») sans l’interrompre. Au sujet de la tessiture, c’est le fa de l’octave supérieure (noir pointée qui correspond à « boit ») qui est la plus élevée dans la partition alors que la difficulté se situe à « Et mes pas se perdent dans la nuit ». En effet, cela débute par deux croches dont la première est un sol dièse pour « Et », « pas » s’assimile à un si bécarre; on en revient à un sol dièse pour « dans » et on termine avec un mi de l’octave supérieure pour « nuit » (une ronde, 4 temps).

Comme quoi, les chansons de Cloclo, c’est loin d’être du « petit lait pour bébé » !

En marge à cet article, je vous recommande l’excellent ouvrage de Philippe Chevallier « La chanson exactement, l’art difficile de Claude François » paru aux Éditions puf. Un livre d’une densité et d’une précision remarquables avec des anecdotes inédites relatives à l’univers musical de l’interprète de « Comme d’habitude ». Voici un lien qui vous permettra de découvrir encore plus ce livre auquel j’ai eu le privilège de contribuer, en compagnie, notamment, de personnalités ayant partagé le quotidien de l’idole. Enfin, je tiens également à remercier tout particulièrement Philippe Chevallier de m’avoir donné l’occasion, à ce sujet, de partager une aussi belle et incroyable aventure !

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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 19:50

Dans le répertoire de Claude François, « Mon cœur est une maison vide » est une véritable chanson « Pop » par excellence. Elle aurait d’ailleurs pu être adaptée (pourquoi pas par Barry Ryan, par exemple !) et devenir un standard international de par sa ligne mélodique inédite (de brusques changements de tempo) et une partition vocale très abrupte voire carrément vertigineuse (on passe du do dièse au si bécarre de l’octave supérieure !). Nichée au sein d’un des meilleurs albums de Cloclo qui inclut les hits « Un monde de musique », « Cherche » et « Rêveries », le morceau nous offre, comme dans tant d’autres, une palette instrumentale dont la sonorité colle indubitablement à la musicalité racée de l’artiste, dans les couleurs qu’il affectionne le plus, avec des variations rythmiques extraordinaires dont il est à l’origine puisqu’il est le coauteur avec Jean-Pierre Bourtayre de la partition musicale. Après avoir travaillé avec Les Reed, David Whitaker, Reg Guest et Lou Warburton et toujours aussi séduit par les particularités de ce « son » d’outre-Manche qui ne ressemble à aucun autre sur le plan de la réverbération, Claude François souhaite explorer le talent et la vision orchestrale d’un autre directeur anglais, Johnny Arthey, qui avait intégré l’équipe à « Jojo » Dassin dès 1966 (l’album « Joe Dassin à New York ») et qui accompagnera le plus américain des chanteurs français jusque son avant-dernier 33 tours « 15 ans déjà » en 1979. Malgré que la chanson passera au second plan, la collaboration est concluante et, enthousiasmé par la qualité de ses arrangements, elle sera renouvelée… à peine quatre mois plus tard, en novembre 1969, lors de la sortie d’un album éponyme regroupant… 13 nouveaux titres dont « Douce Candy », « Une petite larme m’a trahi », « Chaque jour à la même heure », le tubesque « Tout éclate tout explose », le fantastique « Même si demain », « Vivre que c’est bon », « Le pantin », « Petit Jésus », le sous-estimé « Un homme libre » (surtout en France mais il fera un tabac au Canada), le scénique « Tu seras toute à moi » et « Il reste toujours » seront confiés à Arthey; l’illustre Jean-Claude Vannier, se chargeant, lui, de la conduite de « Menteur ou cruel » et « Les ballons rouges ». Johnny Arthey réapparaîtra pour « Les Gens » (1970, titre inédit en bonus dans le livret « Le Dragon Magique » au sein de « La Collection Officielle ») et une dernière fois pour « C’est le reggae » (1976, un genre musical pour lequel le Chef a été reconnu comme un authentique spécialiste après avoir effectué des arrangements de cordes sur des rythmes jamaïcains). Si on ne s’attardera pas trop sur le texte écrit par Vline Buggy et Yves Dessca dont les mots, nonobstant leur simplicité, ont été soigneusement sélectionnés que pour se juxtaposer judicieusement sur la rythmique (84 à la noire lorsque Claude commence à chanter, on peut qualifier la mélodie de « faussement lente »), on analysera un peu plus en profondeur la technique vocale et, surtout, le positionnement de la voix de Claude sur le second pont musical; enfin, nous terminerons avec les composantes instrumentales de l’orchestration. Le premier volet, sur le plan vocal, regorge majoritairement de « doubles-croches » mais aussi de sections de « quatre doubles-croches » qui ne représentent aucune difficulté majeure pour un artiste pour qui le solfège n’a plus aucun secret depuis sa plus tendre enfance. Toutefois, l’exercice s’avère plus compliqué aux prémices du second pont musical chanté qui voit la pulsation rythmique grimper à 108 à la noire ! Dans celui-ci, le repère vocal est plus périlleux, le chanteur doit s’accommoder de « silences » et de « doubles-croches pointées ». Afin que sa voix soit correctement en corrélation avec l’écriture de la partition, il ne peut donc recourir qu’à la technique du comptage mental des temps… sinon c’est le plantage ! Sur le plan instrumental, l’intro aux timbales nous rappelle franchement celle d’ « Avec la tête, avec le cœur » du précédent album. Si, bien évidemment, des variantes mélodiques les différencient, elles sont identiques sur la durée puisqu’elles sont constituées de six mesures avant le début de la partie chantée. Les cordes et les cuivres s’entremêlent harmonieusement avec un piano espacé (de liaison et de transition) sur un fond de basse qui est manifestement l’instrument conducteur. Les percussions ne manquent pas d’attrait non plus, d’abord feutrées dans une ambiance tantôt « jazzy », tantôt « easy listening » (caisse claire avec balai, charleston et tambourin), elles s’emballent durant les ponts musicaux, avec l’émergence d’un orgue Hammond, pour prendre une connotation « Pop » à tel point que l’on peut hypothéquer le dédoublement de deux musiciens, l’un à la batterie et l’autre aux cymbales. Malgré sa grande richesse instrumentale, « Mon cœur est une maison vide » restera toujours en retrait par rapport à d’autres incontournables de l’époque mais caractérisera l’essence d’une musique « Pop » désormais bien incrustée dans le paysage du chanteur qui en avait déjà dessinée les contours plus tôt avec « Je veux chaque dimanche une fleur », « Te fatigue pas », « Tu n’as pas toujours dit ça » et qui sera surtout encore bien présente dans le prochain album de « Menteur ou cruel ». Pour en revenir à Johnny Arthey, « l’après » Joe Dassin sonne le glas d’une carrière commencée tambour battant en 1963 et qui connaît son apogée dans les années 70 où il offre également ses services à Sacha Distel, Petula Clark, Englebert Humperdinck, Joe Dolan mais aussi… Carlos. Avant cela, c’est lui qui signe « Eloïse » pour Barry Ryan en 1968, et, encore plus proche de Cloclo, il s’occupera de l’orchestration d’« Aime-moi, sois beau et tais-toi » pour Dani en 1976. Johnny Arthey nous a quittés le 27 octobre 2007 à l’âge de 77 ans.

 

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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 11:18

LE BLOG NOTE DE BERNIE

JEANE MANSON : AVANT DE NOUS DIRE ADIEU (1976)

 

Née à Cleveland aux États-Unis, elle passe toute son enfance au Mexique avant de revenir à New York où elle s’inscrit aux cours de Lee Strasberg à l’Actor’s Studio dans le but de devenir comédienne. Ayant un père écrivain et une mère chanteuse, il est normal que Jeane suive une trajectoire artistique. Elle s’intéresse aussi à la danse ainsi qu’à la musique en choisissant d’apprendre le piano et la guitare. Jeane parvient à faire sa petite place à Hollywood et décroche un rôle dans « Young Nurses » de Roger Corman dans une série qui propose des histoires d’infirmières drôles et sexy. Elle tourne encore dans des films qui n’entreront pas dans la mémoire du cinéma avant qu’elle ne pose dans le magazine « Playboy ». En août 74, elle décide de tenter sa chance en Europe et elle pose ses valises à Paris où elle apparaît aux côtés des Charlots dans « Bons baisers de Hong Kong », une parodie de film d’agents secrets à la sauce James Bond. Elle réussira aussi à figurer au casting du « Justicier de minuit » avec Charles Bronson avant que Richard Berry ne succombe à ses charmes après lui avoir donné la réplique dans « La Trace ». Pourtant, c’est dans la chanson qu’elle va s’imposer grâce à sa rencontre avec Jean Renard, le compositeur, entre autres, de « Que je t’aime » pour Johnny Hallyday et le producteur de Mike Brant. Le premier 45 tours de Jeane Manson, « Avant de nous dire adieu », s’avérera une grande réussite puisque la chanson, que Renard cosigne avec la participation de Michel Mallory, un autre habitué de l’équipe à Johnny, se vend à plus de 2 millions d’exemplaires et permet à la chanteuse de se faire connaître en Amérique Latine mais aussi au Moyen Orient et en Chine où elle se produit à maintes reprises. Enregistré au Studio des Dames, dans le quartier des Batignolles, où Barbara effectua des sessions pour deux albums en 69 et 72 et qui accueillit les plus grands (Dalida, Brassens, Hallyday, Renaud, etc…), « Avant de nous dire adieu » est réalisé artistiquement par Jean Renard avec des arrangements de Raymond Donnez et un mixage de Dominique Poncet qui avait déjà travaillé sur l’album live à l’Olympia de Nana Mouskouri en 67 et sur l’album « Vie » de Johnny Hallyday en 1970. Il collaborera encore pour Jeane en 1976 sur le simple « Une Femme » ainsi que celui de « La Chapelle de Harlem » de 1977. Quant à l’actualité de Jeane Manson, elle se résume en un nouvel album « Amour, le seul soleil du coeur » qui inclut une toute nouvelle version de « Avant de nous dire adieu » ainsi que des duos avec, notamment, avec sa fille Shirel, Claude Barzotti et Jean-Jacques Lafon.

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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 17:53

« Surrender » de Nickolas Ashford et Valerie Simpson (le fameux duo Ashford & Simpson qui avait intégré la Motown en 1966, écrit pour bon nombre d’artistes appartenant au légendaire label et publié ses propres créations, leur dernier album « Been Found » remontant à 1996 et Nickolas décédant 5 ans plus tard), qui deviendra « Aime-moi ou quitte-moi », est une des chansons dont Claude François s’est approprié les droits d’adaptation afin de l’inclure dans la liste des titres qui seront retenus pour son album de novembre 1971 emmené par le hit « Il faut beau, il fait bon ». Au sein de son équipe d’auteurs et compositeurs, c’est Michèle Vendôme qui est chargée du texte. Lors de son arrivée chez Cloclo, Michèle Vendôme a un CV qui parle pour ses talents d’écriture. Fille du pianiste et chef d’orchestre Raymond Wraskoff (Charles Trenet mais aussi le célèbre jazzman Django Reinhardt avec lequel il est crédité au piano sur le titre « Tiger Rag » avec un certain Aimé Barelli à la trompette), Michèle débute sa carrière avec « C’est aujourd’hui le printemps », écrite en collaboration avec Pierre Roche et enregistrée par une chanteuse canadienne, Aglaé, en novembre 1956. Ensuite, ses textes seront interprétés, entre autres, par Jacqueline François, Lucienne Delyle, Edith Piaf, Annie Cordy, Tino Rossi, Patachou, Romuald mais aussi Dalida, Sheila, Alice Dona et Mireille Mathieu. Pour Claude, elle participera à 4 albums : « Comme un jour nouveau », « Aime-moi ou quitte-moi », « Donne un peu de rêve » et « Et je ne pense plus à toi » pour l’album mentionné ci-avant; « Pourvu que je me souvienne du soleil », « En attendant » et « Jésus-Christ Superstar » pour le suivant de juin 1972 (« Y’a le printemps qui chante »); « Qu’on ne vienne pas me dire » pour celui de décembre 1972 (« Le lundi au soleil »); « L’amour c’est comme ça », « Gens qui pleurent, gens qui rient » et « De la peine, pas de chagrin » pour l’album de juin 1973 (« Je viens dîner ce soir ») et « Dis-lui pour moi » pour le 33 tours « Chanson populaire » de décembre 1973. Quant à l’orchestration, elle est confiée au talentueux Raymond Donnez dont les qualités de synchronisation et de coordination harmoniques sont encore de haute tenue. Remarquablement retravaillée et supervisée par Claude François qui lui en donnera une connotation plus pop que soul, la mélodie présente toutefois quelques différences notoires au niveau de la composition instrumentale. Si le piano prédomine aussi bien dans la version originale que dans le « cover » français et si les segments musicaux sont presque identiques à quelques secondes près (la durée de l’intro, et, entre le début des deux couplets et de leur refrain), la basse apparaît plus tôt dans la version française (à la fin des premières paroles « Cœur vagabond ») alors que l’on ne l’entend qu’au début du premier refrain dans l’originale. Par contre, la caisse claire imprime d’emblée le rythme dans la version de Diana Ross alors que c’est plutôt la cymbale charleston qui est privilégiée avec une « double croche » au niveau de la grosse caisse dans celle de Cloclo. D'autres particularités instrumentales très significatives résident aussi non seulement dans l’emploi des percussions que l’on perçoit avant le premier refrain, dans la version française, où triolets et syncopes sont au menu de la caisse claire tandis que, dans la version originale, ce sont des tumbas qui font office de transition avant le crescendo ; mais aussi dans l’apparition d’une lead guitare dans le deuxième couplet de l’adaptation alors que le tambourin est en contretemps dans le même couplet de la version originale. On distinguera également le pont musical (entre 1'40 et 1'50) et une variante de coordination entre deux refrains (entre 2'13 et 2'22) dans le cover alors que la version originale propose une partition beaucoup plus « soul » (entre 1'34 et 1'56 avec le piano en évidence à partir de 1'46). Enfin, on soulignera la richesse instrumentale du pont musical dans la version de Cloclo où, sur fond de cuivres intenses, une guitare acoustique supplée directement à une lead guitare électrique nerveuse ! Comme on peut le constater, les deux versions comportent chacune leurs propres spécificités et diversités musicales sans pour autant que l’une supplante l’autre quant à leurs qualités instrumentales. Pour terminer, si l’originale confère une ambiance plus chaleureuse dans son ensemble, le « cover » de Cloclo est plus aéré et plus lyrique pour ce qui est de l’utilisation des sections de cordes (violons). Bref, cette adaptation constitue à nouveau une belle réussite et la voix éraillée de Claude qui vient répondre dans les refrains répétitifs y contribue fortement… closeup-of-claude-francois-en-france-le-29-novembre-1971-claude-un-picture-id160704245 (594×395)

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 15:23

LE BLOG NOTE DE BERNIE

SEAL : "A KISS FROM A ROSE" (1994)

Une Batmobile qui disparaît au loin dans Gotham, le baiser échangé entre Bruce Wayne et le Docteur Chase Meridian, le Bat signal qui déchire le ciel… Et Seal qui chante à proximité du projecteur au sommet du bâtiment de la police. Voilà, le décor est planté pour la fantastique « Kiss From A Rose » choisie, avec d’autres chansons dont « Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me » de U2, pour composer la bande originale du film « Batman Forever » réalisé par Joel Schumacher et sorti le 16 juin 1995. « Kiss From A Rose », extrait de son second album éponyme du 23 mai 1994 appelé « Seal II » pour ne pas confondre avec le premier qui était également dépourvu d’un véritable titre, sort en single le 18 juillet 1994 au Royaume-Uni et le 16 juin 1995 aux États-Unis avec les morceaux « The Wind Cries Mary », une reprise du morceau créé par Jimi Hendrix, et « Blues in E ». Né à Paddington le 19 février 1963, un quartier londonien dans le District de Westminster, Seal a un frère et une sœur, son père est d’origine brésilienne et sa mère est nigériane. Faute de moyens, ses parents le confient dans une famille d’accueil. Ses parents divorcent et après le remariage de son père, ce dernier le récupère. Seal confiera plus tard : « J’ai eu une enfance difficile, mon père était aigri, c’est quelqu’un de très dur qui a raté plein d’occasions dans son existence ».  Après avoir étudié l’architecture, Seal souhaite ardemment réalisé son rêve : devenir chanteur comme James Brown, son idole. Il ajoutera : « Je pense que, si j’ai voulu devenir chanteur, c’est parce que je voulais attirer l’attention de mon père. Son affection m’a beaucoup manqué. Peut-être m’aimait-il ? En tout cas, il était incapable de le montrer. Toutes les chansons que j’écrivais visaient à me guérir de ce manque. » Seal veut à tout prix exploiter ses dons musicaux : il a une oreille très fine, il a un sens inné de la mélodie, sa voix est nantie d’un timbre exceptionnel et son apprentissage de la guitare et du piano dès l’âge de 14 ans ne peuvent que lui être bénéfiques pour se faire remarquer dans les bars et les clubs qu’il fréquente. Après avoir parcouru le monde au sein de deux groupes, de retour en Angleterre, Seal se remet au travail, exploite la moindre opportunité de se faire connaître et ses efforts sont récompensés : il rencontre le producteur Adam Tintey mieux connu sous le pseudonyme Adamski et l’aide à enregistrer « Killer » en 1990 qui aura un incroyable succès et sera n° 1 en Angleterre. Sa carrière est définitivement lancée. Pour en revenir à « Kiss From A Rose », alors que la chanson devait accompagner la rencontre amoureuse entre Bruce Wayne/Batman (interprété par Val Kilmer) et le Docteur Chase (Nicole Kidman), Joel Schumacher décidera finalement qu’elle serve de générique de fin et contribuera au large succès du morceau qui se classera n° 1 au Billboard et dans le Top 10 de la plupart des charts internationaux. « Maintenant que ta rose est en fleur, une lumière rejoint les ténèbres dans le brouillard »… « Seal » ne devait rester qu’une chanson, ce serait bien « Kiss From A Rose »…

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